ABERRATION DES TEMPS MODERNES

Mon référé suspension du permis de construire délivré a été rejeté le 27 juillet 2022 aux motifs que les éléments d'objection invoqués sur l'environnement ne présentaient aucun doute sérieux sur la légalité de la décision d'octroi du permis de construire.

Le tour de passe-passe fonctionne parfaitement tel ce prestidigitateur qui produit des illusions faisant disparaître, apparaître, changer de place ou d'aspect des objets.

Devant l'absence d'un dessin projeté de l'existant paysager explicite, il est difficile de se faire une idée réaliste de la présence massive d'un espace arboré. La volonté d'atténuer l'importance d'un îlot de fraîcheur urbain significatif sur un terrain privé de 286 m² est évidente lorsque l'on prend connaissance du document censé apporter un éclairage sur cet existant de plus de 50 ans qui conforte la prescription centenaire de le préserver.

Pour s'en convaincre,  il suffit d'observer sur cette planche les arbres matérialisés par des points tout simplement représentant la position des troncs à l'échelle du dessin sans la figuration des armatures. On ne peut que douter fortement de la compétence paysagère architecturale du réalisateur de ce travail ou de l'honnêteté du promoteur :

Par ailleurs, une fois le permis de construire accordé, le juge se contente de vérifier que celui-ci ne présente pas d'illégalités par rapport à la bible juridique du PLU qui constitue alors le socle du droit de l'urbanisme applicable.

Bien évidemment, en apparence une fois l'espace boisé éradiqué dans le dossier comme dans la réalité tout semble conforme et cette conformité de SURFACE ne saurait être opposable à la profonde contrarié de son inexistence.

Après avoir balayé 5 arbres matures spectaculaires sur 286 m² de terrain de pleine terre, l'illusion de créer un ersatz d'îlot de fraîcheur de 16 m² avec un arbre de haute tige est une prouesse de respect du PLU qui requière ce minimum au milieu du béton minéral.

 

Or, c'est bien là que réside le paradoxe sémantique et l'absence de prise en compte du changement de paradigme dans lequel nous devons nous engager au plus tôt. 

Un espace arboré consistant de 286 m² est-il réellement équivalent à la superficialité d'un espace vert de 16 m² dans une logique d'urbanisme qui écrase l'environnement ?

Notre propos n'est pas de s'opposer aux règles bien appliquées du PLU au regard du code de l'urbanisme, mais de contester l'absence d'application des outils de révision du PLU au regard du droit de l'environnement devenu prioritaire dans la ville dense.

En l'occurrence, l'outil OAP (Orientations d'Aménagement et de Planification) signé par la ville de Nîmes en juillet 2021 avec son thème de "NATURE EN VILLE" en pôle position, n'a pas été appliqué alors même que la ville de Nîmes connait les canicules les plus sévères du territoire :
 

 

 
 

Toutes les informations de l'OAP se trouve sur le site de la ville de Nîmes dans la rubrique "historique des procédures d'évolution du PLU" :

Il en va de même pour le PADD (Programme d'Aménagement de Développement Durable : dans la rubrique Le Plan Local d'Urbanisme) qui n'est qu'un épouvantail à moineaux face aux appétits féroces de tous les promoteurs immobiliers pour lesquels les collectivités territoriales n'imposent rien :
 
 
 
Ici, il est fait mention de la rareté des espaces verts de proximité notamment dans le quartier Nord Gambetta alors même que la rue de Bourgogne bénéficiait d'une abondante végétation sur un terrain privé que l'on massacre sans état d'âme
Nous relèverons donc la contradiction dans le discours et la réalité du terrain qui ne peut que susciter l’écœurement des citoyens devant le laxisme de la municipalité :
 



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